© Galerie Thaddaeus Ropac - Paris - Erwin Wurm - Tomorrow Yes
Erwin Wurm - Tomorrow Yes
du 17 jan. au 11 avril 2026
Galerie Thaddaeus Ropac - Pantin
69 Avenue du Général Leclerc
93500 Paris Pantin
https://ropac.net
Tomorrow: Yes est une exposition consacrée à l’artiste autrichien Erwin Wurm, ainsi que sa première présenta tion personnelle à investir l’intégralité du vaste espace de Thaddaeus Ropac Paris Pantin. L’exposition s’articule autour de deux installations sculpturales monumentales : une école compressée et un voilier courbé de six mètres de haut. Les œuvres exposées, dont la majorité sont présentées ici pour la première fois, englobent des matériaux allant du marbre au bronze en passant par l’alumini um, et couvrent certaines des séries les plus célèbres de l’artiste, dont ses emblématiques One Minute Sculptures participatives. Réunies dans la galerie de Pantin, elles forment un vocabulaire sculptural qui relève de l’abstraction et de l’intangible, démontrant la manière radicale dont Wurm ne cesse de pousser les limites de la sculpture.
Les visiteurs sont invités à pénétrer à l’intérieur de School (2024), qui déforme la silhouette du xixe siècle de l’école locale du village de Wurm. Dans son intérieur étriqué et bas de plafond, les murs sont tapissés d’affiches an- ciennes qui retracent des leçons enseignées autrefois dans les écoles françaises et désormais considérées comme dépassées. L’intérieur exigu de l’école, avec ses chaises compactes et son petit tableau, suscite un sen timent de claustrophobie chez les visiteurs qui entrent, imitant le caractère restrictif de l’enseignement du passé et nous encourageant ainsi à réexaminer les croyances in contestées que nous avons aujourd’hui. « School traite de la masse sculpturale du savoir et de son évolution au fil des décennies », explique Wurm. « Mon intention est d’évoquer que si nous ne savons pas reconnaître nos perversions actuelles, peut-être les verrons-nous clairement dans 50 ou 100 ans. » La version française de School, réalisée spécialement pour Thaddaeus Ropac Paris Pantin, fait suite aux versions autrichienne et japonaise, présentées lors de la rétrospective de l’artiste à l’Albertina, Vienne (2024), au Marmorschlössl Bad Ischl (2025) et au Towada Art Center (2025).
Star (2025), le voilier grandeur nature de Wurm, est inspiré par la région touristique de Salzkammergut en Autriche, dont les nombreux lacs sont très prisés par les plaisanciers. Courbé au centre, ce bateau entièrement fonctionnel est conçu pour « prendre des virages ». Par faitement adapté à la navigation en cercles sans but autour d’un lac, il incarne les absurdités et les futilités de la vie moderne. Comme l’a exprimé Max Hollein, l’historien de l’art et directeur du Metropolitan Museum of Art de New York, Wurm « a réussi à transmettre à un large public, d’une façon extrêmement suggestive, la tragédie de sa propre condition sociale. » En lui donnant une forme matérielle, Wurm positionne Tomorrow: Yes comme une enquête sur la manière dont les philosophies qui régissent notre vie sont construites et déformées, et comme une invitation aux visiteurs à remettre en question les idées qu’ils tiennent pour acquises.
Wurm trouve dans la nature fluctuante des idées, des perceptions et des pensées une plasticité sculpturale. Tout comme School accorde une forme sculpturale aux connaissances acquises d’une époque, Wurm donne forme à l’immatériel tout au long de l’exposition. Les sculptures Blurred Memories sont l’incarnation des souvenirs, des croyances et des expériences de Wurm lui-même lorsqu’il était écolier. Commencées en 2024, ses Mind Bubbles placent quant à elles des formes ovoïdes au sommet de jambes caricaturales dans une réinterprétation anthro pomorphique des bulles de pensée que l’on trouve dans les bandes dessinées ou les romans graphiques. Oscillant entre figuration et abstraction, les jambes grêles de ces sculptures qui semblent défier la gravité sont alourdies par des formes arrondies et organiques dans un jeu de proportions qui réévalue l’équilibre entre le corps et l’esprit dans la construction de notre identité. Comme le dit Wurm : « Tout est perception ».
Tout au long de l’exposition, les visiteurs découvrent des Erwin Wurm, Mind Bubble Walking (Mind Bubbles), 2024 Aluminium et peinture acrylique. 227 × 160 × 126 cm (89.37 × 62.99 × 49.61 in) et nous encourageant ainsi à réexaminer les croyances in contestées que nous avons aujourd’hui. « School traite de la masse sculpturale du savoir et de son évolution au fil des décennies », explique Wurm. « Mon intention est d’évoquer que si nous ne savons pas reconnaître nos perversions actuelles, peut-être les verrons-nous clairement dans 50 ou 100 ans. » La version française de School, réalisée spécialement pour Thaddaeus Ropac Paris Pantin, fait suite aux versions autrichienne et japonaise, présentées lors de la rétrospective de l’artiste à l’Albertina, Vienne (2024), au Marmorschlössl Bad Ischl (2025) et au Towada Art Center (2025). Star (2025), le voilier grandeur nature de Wurm, est inspiré par la région touristique de Salzkammergut en Autriche, dont les nombreux lacs sont très prisés par les plaisanciers. Courbé au centre, ce bateau entièrement fonctionnel est conçu pour « prendre des virages ». Par faitement adapté à la navigation en cercles sans but autour d’un lac, il incarne les absurdités et les futilités de la vie moderne. Comme l’a exprimé Max Hollein, l’historien de l’art et directeur du Metropolitan Museum of Art de New York, Wurm « a réussi à transmettre à un large public, d’une façon extrêmement suggestive, la tragédie de sa propre condition sociale. » En lui donnant une forme matérielle, Wurm positionne Tomorrow: Yes comme une enquête sur la manière dont les philosophies qui régissent notre vie sont construites et déformées, et comme une invitation aux visiteurs à remettre en question les idées qu’ils tiennent pour acquises. Wurm trouve dans la nature fluctuante des idées, des perceptions et des pensées une plasticité sculpturale. Tout comme School accorde une forme sculpturale aux connaissances acquises d’une époque, Wurm donne forme sculptures qui, selon les termes de Wurm, « parlent des êtres humains, mais sans les êtres humains ». Les Box People (2009–présent) – des formes cubiques vêtues d’habits formels mais dépourvues de tête – interrogent la condition humaine et le rôle de l’individu dans les conditions sociales, politiques et environnementales du monde contemporain. Le thème de l’habillement, qui a joué un rôle important au début de la carrière de Wurm, est à nouveau au cœur de son travail récent. Dans les nou velles œuvres de sa série Substitutes (2022–présent), les vêtements apparaissent sous la forme de coquilles vides, jamais portés – comme si leurs propriétaires les avaient soudainement abandonnés – à partir desquels des formes sculpturales sont moulées.
La plupart des Substitutes exposés sont moulés en alu minium et recouverts d’une ou deux couches de peinture acrylique aux tons vifs. D’autres sont en bronze ou en marbre : des matériaux solides qui contrastent avec la fragilité des vêtements fantomatiques. « En tant que sculpteur, je m’intéresse à cette idée de la peau comme frontière », explique Wurm. « Les vêtements sont notre seconde peau, une coquille qui sépare notre corps du monde extérieur ». Les tenues dégonflées – cols et capuches béants, bas qui gisent sur le sol – nous rappel lent que les vêtements sont un matériau sculptural à part entière, modifiant notre perception de ce qu’ils renferment et façonnant même de nouveaux volumes.
Les recherches menées par Wurm sur la peau et les vête ments en tant que surfaces sculpturales s’inscrivent dans la tradition de l’histoire de l’art. Observant que les sculptures classiques en bronze sont creuses, composées uniquement d’une fine membrane externe de vêtements et de peau, Wurm fait de cette surface le sujet des Substitutes. Shadow (2024), l’une des œuvres de la série, fait allusion à ce lien avec l’histoire de l’art grâce à la patine vert-de-gris qui recouvre sa surface en bronze, lui donnant un aspect usé par le temps. Culminant à plus de trois mètres de hauteur, le majestueux Balzac (2023) fait quant à lui écho au Monument à Balzac (1891–97), œuvre canonique d’Auguste Rodin. Une « idée de personne » émerge d’un tas de vêtements drapés, évoquant le monolithe semi-abstrait de l’hommage rendu par Rodin à l’écrivain français Honoré de Balzac. Wurm s’est inspiré du mythe selon lequel le sculpteur français aurait trempé la robe de chambre du romancier dans du plâtre pour habiller sa forme monumentale. Le Balzac présenté dans l’exposition fait suite à une première édition, dévoilée dans le cadre de l’exposition de Wurm en 2023–24 au Yorkshire Sculpture Park, où il fait désormais partie de la collection permanente.
Avec son approche paradoxale et ludique de la surface et de la matière – solidité et fragilité, volume et vide, histoire et éphémérité –, l’œuvre de Wurm s’inspire des conventions et des paramètres de la sculpture elle-même : ce qu’il appelle les « questions sculptur ales ». Il s’intéresse aux bâtiments que nous habitons comme une seconde peau que nous portons. Son œuvre School, à échelle réduite, offre également un regard autoréférentiel sur le fonctionnement de la sculpture. Faisant référence au processus de moulage, il parle de « moulage négatif » : l’empreinte négative d’un système éducatif, d’un réservoir de connaissances et des esprits qu’il forme. Comme l’écrit le philosophe et essayiste Konrad Paul Liessmann à propos du travail de Wurm : « Les absurdités de l’esthétique renvoient à la réalité des absurdités. Ce n’est pas l’œuvre qui est paradoxale, mais la réalité qu’elle prend systématiquement au pied de la lettre. »
L’exposition présentera également une sélection des One Minute Sculptures de Wurm, dont l’angle temporel et participatif incarne l’approche provocatrice et critique de l’artiste envers la sculpture. Commencées en 1996, ses œuvres intègrent des objets du quotidien qui invitent les visiteurs à des interactions brèves mais stimulantes avec des chapeaux, une bouteille ou un verre à shot. Les visiteurs peuvent même activer un pull Issey Miyake en l’enfilant, à l’instar des One Minute Sculptures présentées lors du défilé de la collection automne/hiver 2025–26 de Miyake inspirée par Wurm, au Carrousel du Louvre à Paris en mars 2025. Héritière du concept de sculpture sociale de Joseph Beuys, cette série transforme les visiteurs de spectateurs en véritables participants, déstabilisant ainsi les modes traditionnels d’interaction avec l’art. Dans ces sculptures vivantes éphémères, les visiteurs complètent l’œuvre, devenant un site temporaire pour l’exploration par Wurm de la forme, de la pensée et de la croyance en la mutation.
À propos de l’artiste
Erwin Wurm vit et travaille à Vienne et à Limberg, en Autriche. Il a participé à la Biennale de Venise à deux reprises, avec son installation Narrow House au Palazzo Cavalli-Franchetti en 2011, puis en tant que représentant de l’Autriche en 2017. Ses récentes expositions personnelles ont été présentées à l’échelle internationale dans des institutions telles que le Towada Art Center, au Japon (2025) ; Ludwig Museum, à Coblence (2025) ; Albertina, Vienne (2024) ; Yorkshire Sculpture Park, Wakefield (2023) ; SCAD Museum of Art, Savannah (2023) ; Tel Aviv Museum of Art (2023) ; Suwon Museum of Art (2022) ; Biblioteca Nazionale Marciana, Venise (2022) ; Bratislava City Gallery (2022) ; Musée d’art contemporain, Belgrade (2022) ; Museum für angewandte Kunst, Vienne (2021) ; Musée des beaux-arts de Taipei (2020) ; Musée Cantini, Marseille (2019) ; K11 MUSEA, Hong Kong (2019) ; et Vancouver Art Gallery (2019), entre autres. En mai 2026, à l’occasion de la 61e Biennale de Venise, le Museo Fortuny de Venise présentera une exposition des œuvres de Wurm.